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"TikiMiki & Tahitian Party"! 14 septembre 2018

08/28/2018

Soirée tahitienne chez LeStudio pour la nouvelle exposition de l’artiste Garth Bowden « TikiMiki - Myth & Reality » qui regroupe peintures, dessins, photos et sculptures, et lancement du livre « Tahiti Street Paintings ». Au programme, danse tahitienne, bière Hinano et Poisson Cru au lait de coco!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- ORI TAHITI : spectacle de danse offert par les élèves de la sublime Tahia Cambet / groupe O Tahiti Nui, multiple vainqueur du Heiva I Paris. 

 - HINANO et PUNCH : le bar servira de la bière Hinano et du punch à la vanille tahitienne, en plus de sa carte habituelle.

- TRAITEUR : Linda et Valérie d Sensimya vous proposeront poisson cru et autres spécialités tahitiennes dé-li-ci-eu-ses.

 

 

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Exposition TikiMiki - Welcome to Paradise

 

D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?

 

La question poignante de Gauguin initie un dialogue qui n’est pas moins d’actualité aujourd’hui qu’il ne l’était en 1898 lorsqu’il a peint cette oeuvre monumentale à Tahiti.

 

Le Tiki est devenu une marque, un logo, une icône, au même titre que Mickey, l’ambassadeur du « soft power » envahissant de Disney et du rêve américain, dont l’iconographie transcende frontières et continents.  Avec Vaiana/Moana, Disney étend davantage sa magie « corporate » sur Tahiti en racontant une vieille légende polynésienne au travers d’un nouveau medium, mélange ambigu de faits et fiction. En mettant en lumière leur culture, ce film a donné aux polynésiens de la fierté, mais également de quoi s’interroger. Comment Tahiti intègre le mythe et la réalité? La culture populaire avec la culture traditionnelle? 

 

Ainsi, TikiMiki© représente l’alliance entre la culture première et la culture populaire, entre le mythe et la réalité. 

 

Au 19ème siècle, la colonisation de Tahiti et les règles strictes des missionnaires y ont laissé un vide culturel. La quasi-totalité de leurs pratiques traditionnelles étant interdites, les tahitiens ont adopté une identité et des pratiques religieuses plus occidentales. Depuis quelques années, Tahiti connait une renaissance culturelle - notamment via l’art du tatouage, la danse, les costumes - redécouvrant son identité et sa culture ensevelies sous une culture pop américanisée.

 

Comment une culture évolue et survit-t-elle face à un monde en changement constant ? Qui définit ce qui est authentique et ce qui ne l’est pas ? Si une culture n’évolue plus, est-elle encore vivante ? Il n’y a pas de réponse évidente à ces questions. Cette exposition explore ainsi les sujets universels du mythe vs réalité, de la surconsommation et du gaspillage, ainsi que l’influence des États-Unis et de la culture populaire. 

 

L’artiste s’interroge sur l’impossibilité de retourner en arrière, le passé étant devenu aussi fictif que le futur. Le paradis que nous cherchons ne peut se révéler que dans l’imperfection du présent. Les cultures évoluent, changent, grandissent pour refléter l’actualité, la technologie, la prise de conscience. l’Histoire n’est pas un livre fermé. C’est au contraire une histoire en développement constant, qui pose et repose la même question…

 

Cette exposition regroupe plusieurs séries de travaux: 

 

1) TikiMiki - Tahiti Street Paintings / livre et photos en édition limitée.

 

2) Le Regard du Colon - Retour vers l’Eden / Dessins

 

Comme beaucoup d’autres, Gauguin, suite à des lectures présentant Tahiti comme un Eden où la vie est facile et l’amour libre, décide d’embarquer pour la Polynésie. Il était attiré par l’exotisme, la force du mystique, du primitif. A son arrivée, sa déception fut profonde, il ne restait que peu de traces de la culture primaire.  A la place il trouva un Tahiti européanisé, de la religion, aux habits et normes sociales.

 

Ainsi, est-ce surprenant que de nombreux visiteurs choisissent de dépeindre la réalité autrement? Et créent à la place images et prose qui reflètent un monde de beauté et d’innocence préservée, au milieu d’une nature intacte? A la recherche désespérée d’un Eden. Une fiction primitive. 

 

Lucien Gauthier, arrivé à Tahiti en 1904, a photographié des portraits de vahines et des paysages pittoresques publiés en cartes postales qui ont perpétué le mythe de Tahiti comme un Paradis immaculé. Cette série de dessins inspirés par ses photos accentuent l’impression d’innocence et de vie simple, déjà une fiction au moment de son arrivée, la venue des colons ayant déjà « corrompu » le style de vie traditionnel.

 

 

 

3) Selfie avec Tiki - Selfie avec Mickey / Dessins

 

Quel est ce besoin de vouloir s’identifier à quelque chose de plus grand que soi, au-delà de l’individu? quelque chose de mystérieux et magique? Quelque chose de puissant. Traditionnellement, il y avait des bénéfices à appartenir à une tribu: la sécurité, la communauté, ainsi que la continuité de la culture et des coutumes. 

 

Les choses sont-elles différentes aujourd'hui? Nous avons remplacé le culte des idoles et des rites avec le culte des marques, de la célébrité, de l’argent et tous ses privilèges. Les marques de designer sont nos tribus contemporaines, elles définissent nos habitudes et notre style de vie. Plus nous dépensons, plus nous entrons dans un cercle fermé. Et plus nous nous rapprochons de l’autel du matérialisme spirituel.

 

Le Tiki est considéré comme sacré - on nous dit de ne pas le toucher - et pourtant nous voulons le toucher, nous voulons rencontrer nos stars, nos idoles. Quelle est la différence entre rencontrer un Tiki et rencontrer Mickey? Le Tiki est un bloc de pierre sculpté, Mickey est un masque creux sculpté. Tous les deux sont devenus des icônes.

 

Les anciens temples polynésiens, les marae, sont toujours des endroits sacrés pour de nombreux polynésiens, même si la pratique des religions indigènes a largement cessé suite à la venue des missionnaires et les effets de la colonisation. Qui préserve la sainteté de ces pierres s’il n’y a plus de cérémonies? Lorsqu’une tradition et sa transmission sont interrompues, peuvent-elles être rétablies? Devraient-elles l’être? Quelle serait la version contemporaine de ces rituels? 

 

 

4) The Flood - Le Déluge / Peintures

 

Ensevelir les déchets est la forme la plus commune et la plus ancienne de traiter les déchets. Les décharges sont comme des cimetières - avec des caveaux d’objets cassés, usés et délaissés - comme des tombes anonymes pour objets qui ont succombé au service de nos sociétés de consommation.

 

Aux siècles passés, nous utilisions des matières naturelles: pierre, os, cuir, bois, cire, métal, ou argile…ainsi les décharges pouvaient être vues comme un retour des choses à la nature. Les sociétés industrialisées d’aujourd’hui sont bien plus fragmentées - de la spécialisation du travail, la technologie et les matériaux produits, aux frontières entre propriété et pays. 

 

Ignorant la provenance et le processus de production de quasiment tout ce qui nous entoure, il n’est pas surprenant que nous jetions sans réfléchir et accumulions insatiablement. La société de consommation nous encourage dans ces habitudes dysfonctionnelles et c’est seulement dos au mur que nous réagissons. 

 

Vivre sur une île est une chance unique d’être conscient et créatif vis-à-vis du style de vie et ses résidus. Il n’y a pas d’espace illimité pour enterrer et cacher les déchets, donc plutôt que traiter les effets, il faudrait s’attaquer aux causes. 

 

Cette série explore la répercussion culturelle, la régurgitation de déchets indigestes. Nos systèmes de drainage sont bloqués et les effluves remontent en surface…

 

Bienvenue dans « le Déluge ».

 

5) Gauguin Live Chat / Video

 

Portraits de tahitiennes d’aujourd’hui, inspirés par des tableaux de Gauguin. 

 

Gauguin a peint un fantasme, le Tahiti dont il avait rêvé qui n’existait plus à son arrivée.

 

Ici l’artiste présente des portraits video de femmes chez elles ou dans un environnement qu’elles ont choisi. C’est une opportunité pour ces personnes de réfléchir en image sur leur propre histoire, plutôt que de laisser le photographe la construire à leur place. 

 

L’inconfort relatif que ces femmes endurent lorsqu’elles restent immobiles reflètent la patience du modèle posant pour un artiste ou photographe. Ces portraits-videos créent aussi une conscience accrue du regard du spectateur et de l’objectivation du sujet. 

 

*L’artiste est à la recherche de femmes polynésiennes vivant à Paris qui seraient intéressées de poursuivre ce projet video/photo.

 

©TikiMiki est déposé auprès de l'INPI dans tous les domaines touchant à l'art.

 

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